Thursday, December 15, 2011

La réhabilitation par méthode socio thérapeutique

Par sociothérapie en milieu psychiatrique, on entend toutes les formes d’activités de groupes organisés pour les malades dans un but thérapeutique. Ces activités peuvent être d’occupation, de réadaptation au travail, d’amélioration ou de restauration des communications interpersonnelles. La sociothérapie consiste donc en l’utilisation réfléchie des relations humaines d’un individu afin de réduire ses troubles affectifs et comportementaux. Ces relations sont sélectionnées au sein du groupe social, naturel ou artificiel du sujet.

Le thérapeute dans une perspective de réhabilitation doit prévoir des activités d’occupation individuelle ou en groupe sous la marque d’un atelier dans le seul but de restaurer chez le malade la confiance en soi et la confiance aux autres en vue de lui permettre la mise en œuvre des mécanismes pour nouer une relation interpersonnelle. Ce projet thérapeutique entre dans le processus de la redéfinition et de l’expansion de soi en ce sens que par le biais de cette méthode, le malade va se connaître lui-même, découvrir ses qualités et ses limites. Les limites qu’il est censé combler en puisant dans les qualités des autres. Alors il comprendra qu’une vie heureuse n’existe pas en dehors de l’autre.

Fr. Stanislas Maximilien NDIGUISSI, f.c.

Sunday, December 4, 2011

Madame le Ministre de la Santé visite l'Hôpital

C'était ce vendredi le 02 decembre à partir de 19h50 que la HP-SVP a eu l'honneur d'accueillir Madame le Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA, Professeur N'dri Yoman Thérèse, une visite qui a duré à peu près une heure. Le personnel de l'Hôpital ainsi que les malades attendaient impatiement pour rencontrer cette haute autorité du gouvernement qui avait décidé de faire un passage pour saluer nos malades. Madame le Ministre avait un programme très chargé ce jour, par ailleurs, elle a tenu sa promesse de se rendre à l'Hôpital physiquement pour son appréciation personnelle.
« En effet, Madame le Ministre, votre visite à l’Hôpital Psychiatrique St Vincent de Paul de Yamoussoukro, nous donne l’occasion de vous exprimer notre gratitude…nous vous remercions de votre déplacement afin de vous rendre compte de nos réalités », a dit le Directeur de l’Hôpital, Fr Félicien Ngendahimana au cours d’un cocktail préparé à l’honneur du Madame le Ministre.


A son arrivée, Madame le Ministre a effectué une visite nocturne de l’Hôpital qui a permis toute la délégation d’apprécier les différents services et programmes de l’Hôpital.

Jusqu’au 30 novembre 2011, l’Hôpital comptait 40 résidents dont 27 hommes et 13 femmes. Selon le Directeur de l'Hôpital, les besoins sont encore immenses pour pouvoir répondre aux besoins de la population. Jusqu’à maintenant, l’Hôpital a la capacité d’accueillir 45 résidents.


Depuis le 1er Janvier 2011, 178 malades ont été hospitalisés; parmi eux, 137 malades venaient pour la première fois. En octobre de cette année, de l'Hôpital a accueilli un grand nombre d'hospitalisation par rapport aux autres mois. Le nombre des malades hospitalisés était de 39. Les consultations des malades venus pour leur premiers fois étaient de 391 jusqu'au 30 novembre. Pour les rendez-vous, c'est-à-dire les malades venus pour leur traitement et suivie postcure, l'Hôpital a accueilli 1049 cas.

Après la visite de l'Hôpital, Madame le Ministre avec sa délégation ont été invité pour partager un cocktail avec l'équipe de la Direction de l'Hôpital.


Au cours de ce partage, Madame le Ministre a remercié les Frères de la Charité et tout le personnel de l'Hôpital pour leur travail envers les personnes malades. Madame le Ministre a souligné que le gouvernement, en particulier le ministère de la santé, fera tout le possible pour venir en aide de l'Hôpital dans ses besoins.

Avant la fin de la visite, Madame le Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA a laissé une note de souvenir dans le livre d'or de l'Hôpital. "Je vous dit merci du fond du coeur pour cette visite mémorable. Merci pour les malades dont vous avez la charge et qui peut-être ne pourrons jamais reconnaître ce que vous avez fait pour eux", a souligné Madame le Ministre dans son note.

La visite a pris fin vers 20h45.

L'Hôpital Psychiatrique St Vincent de Paul est gérée par les Frères de la Charité, une Congrégation religieuse qui oeuvre dans plusieurs domaines humanitaires dont la santé mentale. Il a commencé ses activités en 2002 pour prendre en charge les malades mentaux chroniques dans la ville de Yamoussoukro et sur toute l'étendue de Côte d'Ivoire. Avec le temps, les besoins sont devenus nombreux que l'Hôpital a commencé a accuellir les malades mentaux aigus.

Aujourd'hui, l'Hôpital est en train de renforcer son programme de réhabilitation pour bien prendre en charge des malades stabilisés qui nécessitent une réintegration socio-professionnelle dans la société. A ce jour, il y a 5 malades stabilisés qui suivent le programme et qui résident au sein de l'Hôpital et 3 anciens malades qui viennent de l'extérieur. Avec un support bien assuré de la part du gouvernement, l'Hôpital pourra permettre aux autres anciens malades de pouvoir développer un projet qui les aidera à assurer leurs autonomie dans la société.

Jean-Clément Ishimwe

Monday, November 28, 2011

Atelier de formation en psychiatrie

Du 15 novembre au 17 novembre quelques membres du staff ont participé dans l'atelier de formation continue organisée par le "Programme National de la Santé Mentale" de Côte d'Ivoire. Cette formation était reservée au "Infimier(e)s et sage femmes spécialisé(e)s en psychiatrie.


Au niveau de notre hôpital, nos 3 infirmiers spécialisés en psychiatrie étaient présents.

L'Hôpital psychiatrique St Vincent de Paul était parmi l'équipe d'organisateurs et était représentée par le Fr Félicien Ngendahimana, le Directeur de l'Hôpital.

Avant la fin de la formation, les participants ont fait une visite guidée à l'Hôpital Psychiatrique St Vincent de Paul afin de découvrir les différents services qui y sont offerts.

Depuis le 10 octobre, avec la célébration de la journée mondiale de la santé mentale, l'HP-SVP a accueilli un grand nombre de parents qui accompagnent leurs malades pour la prise en charge. Ceci est la suite des messages de sensibilisation qui ont été donnés à cette occasion qui visaient à informer le public de l'existence des structures qui offrent les soins dans la santé mentale.

En plus de 25 malades qui ont été recueillis dans les rues de Yamoussoukro, plus de 100 consultations ont été fait au cours de mois passé (novembre) pour les malades accompagnés par leurs parents.

Les malades qui ont été recueillis dans les rues sont dans le processus d'être réinserés dans leurs familles respectives après avoir suivi un programme thérapeutique à l'Hôpital. Jusqu'à maintenant, 5 malades ont déjà retrouvé leurs familles. Parmi eux, 3 ont regagné leurs familles et ils continuent à suivre le traîtement post-cure. Pour le reste des malades, l'Hôpital n'a pas encore localisé leurs familles; les enquêtes sociales continuent pour pouvoir les insérer dans leurs familles.

Enfin de pouvoir donner les soins appropriés et professionnels à nos malades, les agents de santé auront toujours besoin de renouveller leurs connaissances dans les différents domaines de la santé. La formation continue est nécessaire et obligatoire pour tout agent de santé. Et ceci est valable aux agents qui oeuvrent dans la santé mentale. La santé mentale semblait être le domaine oublié voire négligé au niveau national. Nous remerçions le PNSM qui a eu l'initiative de lancer un atelier de ce genre et nous espérons bien que ça ne sera pas la toute dernière que nous aurons à voir.

L'Hôpital Psychiatrique St Vincent de Paul veut rester un modèle dans la prise en charge des malades mentaux. Nous voulons que nos soins soient professionnels et que tous nos résidents se sentent satisfait de nos services. Nous voulons toujours oeuvrer dans la charité tout en invitant les familles de redoubler leur responsabilités dans la prise en charge de leur malades.

Tous, oeuvrons pour la réinsertion des malades mentaux.

Jean-Clément Ishimwe

Friday, November 18, 2011

Le 10 Octobre, et après?

Le 10 Octobre 2011, le monde a célébré la Journée mondiale de la Santé Mentale, dont le thème était “Investir davantage dans la prise en charge de troubles psychique”. En Côte d’Ivoire, cette journée à été célébrée à Abidjan et à Yamoussoukro. Différents messages ont été transmis à travers les discours prononcés par les distingués autorités, représentants des différents ONG et Institutions œuvrant dans la santé mentale, aussi que les agents de santé. En plus, les médias ont bénéficié de l’occasion pour informer le public de cette journée et de la prise en charge des personnes souffrantes de troubles mentaux. Mais cette journée n’a-t-elle pas été une journée de plus pour nos populations, d’où l’interrogation : le 10 octobre, et après?

C’est une question principale que chacun de nous devrait se poser. Un défi nous a été lancé et c’est à nous maintenant d’agir. Bien que la santé mentale soit l’un des volets négligés et oubliés par la majorité des personnes, nous devrions faire la différence et montrer que ce que nous avons célébré n’est pas resté seulement une simple commémoration, mais un pressant appel à agir.

Aujourd’hui, de nombreux parents qui accompagnent leurs malades dans les hôpitaux et les centres de santé pour la prise en charge des malades mentaux continuent à utiliser le langage offensant et indigne qui dégrade la dignité de nos frères et sœurs souffrants des troubles psychiques. Comme nous l’indiquions le 10 octobre dernier, ce langage doit cesser une fois pour toute.

En plus, la majorité de personnes continue à croire que la prise en charge des malades mentaux reste une affaire des hôpitaux psychiatriques ou des agents de santé mentale. Ceci c’est une croyance erronée qui doit changer. C’est très déplorable quand un parent hospitalise un membre de sa famille et qu’il ne se présente à l’hôpital qu’au dernier jour de sa sortie. Dans plusieurs cas, les parents ne se présentent même pas pour récupérer leurs malades stabilisés. On donne toujours des raisons pour ne pas venir à l’hôpital (je n’ai pas de temps, je suis loin, je n’ai pas d’argent…). Ceci c’est un signe que la prise en charge ne réussira pas. Les parents doivent comprendre que la maladie mentale n’est pas une affaire de l’hôpital ou du malade ; par ailleurs, c’est une affaire de toute la communauté. On ne traite pas seulement le malade, un individu, mais, toute la famille, toute la communauté. C’est déjà un échec quand la famille n’a pas participé au processus thérapeutique pendant l’hospitalisation. Les visites doivent être fréquentes et régulières. Également, les parents doivent répondre sans délai aux appels de l’hôpital quand il s’agit d’effectuer une sortie ou de faire un entretien.

Finalement, le problème financier devient à chaque fois, un sujet de discussion et de désagrément entre les parents et l’hôpital. Ceci est un problème qui restera un défi et il nous faudra trouver des solutions qui avantagent les deux côtés. Les parents doivent sentir leurs responsabilités quant à la prise en charge financière de leurs malades. La maladie mentale nécessite une prise en charge à long terme et, l’hôpital seul ne peut pas assurer cette prise en charge sans la participation active des parents. Si on travaille ensemble, main dans la main, nous changerons beaucoup et chaque année que où nous allions célébrer la journée mondiale de la santé mentale, nous nous rendrons compte que ça ne reste pas uniquement une fête, mais, une réalité. Ensemble, œuvrons pour la réinsertion des malades mentaux.

Jean-Clément ISHIMWE