Friday, April 13, 2012

LIBEREZ LA PAROLE !!!

Amis lecteurs nous voudrions bien vous offrir cet espace pour que vous nous soumettiez vos éventuelles remarques, suggestions. Et ce en vue de permettre un meilleur fonctionnement de notre hôpital. Vous pourriez ainsi nous soumettre toutes sortes d’interrogations ou thèmes qui vous tiennent à cœur. Aussi sommes-nous ouverts à vos suggestions et critiques constructives. Nous pourrions à notre tour, à partir de nos observations attentionnées, faire les interpellations que notre équipe jugera bonnes.

Dans l’éditorial du mois de février, l’infirmier major, Jean-Clément I. invitait les agents de la santé à informer et à former, par le biais des mécanismes de la communication, la population ivoirienne en vue de développer sa santé :

« (…) pourquoi ne dédions-nous pas un magazine à la santé ? (…) est-ce parce que nous manquons de sujets, de temps pour écrire ou envoyer des articles à publier dans la presse écrite nationale ? Nous nous accordons tous à décider de l’urgence des sensibilisations à opérer sur le plan médical, mais comment y arriverons-nous sans utiliser la plus simple méthode, celle des masses média ? Nous pouvons faire plus, osons davantage pour développer la santé de la population ivoirienne. Je suis tenté de croire que mon invite tombera sur ‘‘la bonne terre’’, qu’elle trouvera des oreilles attentives, des âmes vaillantes et des cœurs sensibles ».

Nos populations, qui dans leur grande majorité ignorent tant de choses, ont vraiment besoin d’être formées, renseignées en matière de santé plus particulièrement au niveau de la santé mentale. Cet éveil à plus de dynamisme que visait ce précédent éditorial doit se manifester d’abord ici à la MSP. Nous avons des personnes ressources, capables de nous partager leur richesse scientifique et les fruits de leurs expériences professionnelles. C’est pour nous l’occasion de les inviter une fois de plus à produire des articles que nous publierons pour le bien de tous. Le bulletin de la MSP ne doit pas être la seule affaire d’une personne… Suivez mon regard ! Il est toujours bien de partager ce qu’on est et ce qu’on a. Quand on forme, on ne perd pas ce qu’on a donné, on gagne au contraire. Au fait enseigner, éduquer, c’est apprendre. Or qui apprend découvre, qui découvre va encore plus loin. Vous nos personnes ressources, vous personnel de la MSP, le bulletin sollicite votre expertise. Nous avons besoin de tout le monde pour porter et conduire très loin ce bulletin qui est encore à l’état embryonnaire.

Osez tout simplement sans avoir peur de risquer l’échec. Il s’agit d’entrer dans un mouvement hostile à certains facteurs paralysants tels que l’immobilisme, la nonchalance, le refus d’aventures nouvelles. Lequel mouvement vous donnera : de libérer votre parole, vos talents, vos expériences et vous fera entrer dans une mobilité d’esprit et de production, profitable à tous.

DES MAMANS EN OR

Bon nombre de personnes adoptent une attitude malveillante et adressent des propos désobligeants à l’endroit des Personnes Vivant avec un Handicap Psychique (PVHP). Ces dits de M. OWOCHI René (assistant social à la MSP) pourraient nous éclairer davantage :

«(…) ma petite expérience pratique pourrait me conduire à dire que le rejet des malades mentaux est dû au fait que l’on a une idée erronée de la maladie mentale. Pour le commun des mortels, un malade mental (un fou) reste un malade mental (un fou). On n’a rien à espérer de lui, il ne peut qu’être improductif. Partant d’un tel regard, considérant une telle conception, on ne pourrait que dire malheureusement comme vous l’avez souligné : la maladie mentale est non acceptée, honteuse et quelque fois même jugée de diabolique. Et pourtant c’est faux ! Nous devons considérer la maladie mentale comme les autres maladies. Elle se traite et la personne atteinte psychiquement pourrait vivre et travailler normalement ».

Triste constat ! Cependant nous apprécions le comportement des personnes adoptant une conduite toute autre, en se mettant au dessus de la mêlée. Nous saluons révérenciellement ces Femmes et ces Hommes qui comblent de leur amour les PVHP dont ils ont la charge. Nous voudrions, préférentiellement, nous incliner devant le Bon Cœur de deux mamans (l’une ayant une fillette de 6 ans et l’autre un fiston de 11 ans) conduisant régulièrement leurs enfants à la MSP pour des visites médicales. A voir ces enfants en question, on pourrait facilement dire : « Pitié pour leurs mères ! » Mais non ! Nous ne vous lancerons pas, chères mamans, ces mots emprunts de tristesse. Nous voudrions plutôt vous réitérer nos salutations. Nous vous prions de trouver en nos simples paroles, l’expression de toute notre admiration à votre égard… Nous serons toujours heureux de savoir que tant de femmes dans votre situation agissent pareillement.

Merci pour ce que vous faites pour ces enfants, vos enfants qui sont aussi les nôtres. Merci pour votre amour. Ne désespérer jamais de l’état de santé de ces merveilles de Dieu, même quand l’horizon vous semblera très obscur. Vous êtes en effet une Etoile dans la nuit de ces enfants… Votre bonne œuvre, même si elle reste inconnue, non médiatisée, non primée, restera gravée dans le Livre d’Or de l’Humanité. Dieu Notre Père, voyant ce qui se fait dans le secret, ne manquera point de vous combler de ses Grâces. Salut à vous ! Vous êtes des Mamans en Or !

Daar

Friday, March 9, 2012

MON ANTERIEURE ATTITUDE

Enfant, je voyais des malades mentaux errer dans les rues de nos cités (très sales, délirant et mangeant n’importe quoi). N’ayant eu aucune idée de la maladie mentale, je ne pouvais en aucun cas imaginer ce qui pouvait les y conduire. Quand je voyais un malade mental, je me mettais à crier ‘’Le fou’’ ou à lui lancer indifféremment de quoi manger. Ce dernier pouvait aussi m’égayer car je lui commandais comme un roi ce que je voudrais: une danse, un chant ou des rires aux éclats, et lui s’exécutait à cœur joie.

Vous constatez là une idée de ce qu’était mon amour pour tout malade mental que je rencontrais dans les rues. Témoignais-je là d’une compassion, d’un amour vrai? Horrible compassion, horrible amour dirais-je aujourd’hui ! J’étais sans doute gouverné par mon ignorance. Cette attitude que je nomme d’antérieure, je l’observe malheureusement encore aujourd’hui chez un grand nombre de personnes. Pis, j’en dénombre des adultes. Cette attitude se présenterait de-ce-fait comme un mal collectif. Est-ce là la preuve d’une inimitié voilée ou le fruit d’une ignorance indifférenciée conduisant même au non respect de la dignité de la personne humaine?

Aujourd’hui, ayant découvert les hôpitaux psychiatriques et toutes leurs prouesses, je suis écœuré de voir qu’il existe encore : des ‘‘malades mentaux de la rue’’. Ils sont sans abris, livrés à eux-mêmes et exposés à tant de risques…

Je voudrais à présent faire un rêve. Ah ! Si les parents de ces malades pouvaient les récupérer des rues et les conduire tous dans les rares Centres Psychiatriques existant en Côte d’Ivoire…

Ainsi aurait-on dans notre chère Pays des rues sans malades mentaux. Ne serait-ce pas génial d’atteindre ce noble objectif qui serrait de passer de l’opération ‘’Yamoussoukro sans malade mental dans les rues’’ à celle de ‘‘Côte d’Ivoire sans malade mental dans les rues’’ ?

Ah ! Si les ONG, liées à la sante mentale, pouvaient, à partir de leur Cœur Sensible, apporter Lumière et Vie dans l’existence pénible des malades mentaux abandonnés, livrés à eux-mêmes et croupissant sous le poids des tempêtes sociopolitiques de notre Terre Ivoire. Ah ! Si l’Etat pouvait se pencher davantage sur le cas de la Santé Mentale, particulièrement sur celui des malades mentaux ayant les rues pour familles, domiciles etc. et subissant parfois toute sorte d’atrocités. Oui, pour terminer, je voudrais, par mon insignifiante voix, inviter nos autorités politico-administratives à un plus grand engagement en faveur de ces derniers.

Daar.

Sunday, March 4, 2012

Réhabilitation psychosociale: Le Projet de réhabilitation, en quoi consiste t-il ?


La vie est faite d’un ensemble de projet. Ne pas savoir projeter l’avenir c’est cesser d’exister, car c’est accepter volontiers d’atteindre le feu de l’espérance qui ranime toute existence humaine. Ainsi le projet devient une question existentielle et prend toutes les dimensions de l’existence humaine.


En médecine, en générale et plus particulièrement en psychiatrie, en dehors du projet thérapeutique mis en place dès l’admission du patient dans l’institution hospitalière, l’on envisage un rétablissement du patient définit dans un autre projet intitulé projet de réhabilitation du patient remis de sa pathologie. En psychiatrie, ce projet est très judicieux du point de vue psychosocial et c’est pourquoi l’on parle de réhabilitation psychosociale.

Si le projet thérapeutique géré par le service médical vise à éradiquer ou réduire les symptômes de la maladie diagnostiquée, le projet de réhabilitation psychosocial élaboré par une institution de réhabilitation ou un service de réhabilitation rattaché à un hôpital spécialisé en soins psychiatrique comme est le cas à la HP-SVP, vise d’abord à la reprise du pouvoir d’agir et la dignité de la personne malade pour repousser la stigmatisation et l’exclusion sociale, puis, à faciliter son autonomie. Le projet de réhabilitation psychosociale vient ainsi parfaire les objectifs du projet thérapeutique.

En effet, même si le projet est géré par le service de réhabilitation, mais son élaboration n’est pas l’apanage du seul service selon le principe de l’autodétermination qui stipule l’action des intervenants dans le cadre de la réhabilitation. Ce principe définit que, le sujet est l’auteur et le demandeur du projet. Cela signifie que le projet est défini par le client de la réhabilitation ; lui, il est le seul à choisir ce qu’il est capable de faire et le lieu où son projet doit être localisé. L’institution de réhabilitation ou le service de réhabilitation joue le rôle d’un accompagnateur ou d’un guide. Et en vertu de ses compétences, le service de réhabilitation doit mobiliser les ressources pour la mise en œuvre de ce projet et doit veiller à la bonne gestion de ces ressources. Dans cette optique, il est chargé à apporter toutes les aides dont il a besoin aussi longtemps que possible pour la bonne conduite de ce projet.


Le projet de réhabilitation n’est pas à confondre à l’activité génératrice de revenu (AGR) en ce que son objectif n’est pas seulement la réinsertion professionnelle pour une prise en charge financière, mais, il considère la personne de façon holistique et l’aide dans sa mise œuvre à retrouver sa fonction perdue à cause de la pathologie ou pallier les déficits qu’elle a dans l’accomplissement d’une tâche considérée normale pour un être humain.

Pour réaliser ces objectifs l’institution de réhabilitation compte sur la collaboration de toute la communauté (la famille du patient, les autorités politiques, administratives et religieuses tant nationales que locales et les hommes de bonne volonté) et les intervenants en soins psychiatriques.

« Ensemble œuvrons pour la réhabilitation psychosociale de personnes souffrantes du trouble psychique ».


Fr Stanislas M. Ndiguissi